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  • Jour 31

    La complainte du fossoyeur.

     

    J'ai beau creuser dans cette terre,

    salir ma peau et mon cerveau,

    au fond du trou il n'y a que l'enfer.

     

    Ma chanson est sans couplet ni refrain,

    le dégoût de l'effort ne rend pas fort,

    je fissure mon sol sans lendemain.

     

    La tige de bois au creux de la paume,

    la poussière vole et s'affole,

    l'heure est venue du dernier psaume.

     

    Le vide m'appelle sans pardon,

    je tomberai dans le déni sans envie,

    dans le sol est gravé mon nom.

     

     

     

    It Never End.

    https://youtu.be/E_Vez_aKIyI

  • Jour 30

    30 jours de nuit ou 30 nuits de jour.

    Cette introduction était prévisible, tellement, mais depuis le départ de ces errances je dois vous avouer que je ne m'imaginais pas arriver ici. Là. Oui, sous vos yeux écarquillés et puisque personne ne m'a demandé de me taire, je poursuis mon entreprise. Pas de vampires, pas de zombies, est-ce que l'on peut se faire rembourser cette apocalypse ? Honnêtement je la trouve assez moyenne. En dehors des cheveux qui poussent anarchiquement, du fait d'éviter de prendre du bide et de regarder en boucle mes films, parce que je perdure dans ma boule. Qu'est-ce qu'elle nous a apporté cette fin sociale ? Une souffrance lointaine, silencieuse puis fiévreuse, une peur invisible, honteuse, des mensonges. Est-ce que l'on est entrain de recevoir une leçon ? Oui, on est totalement impuissant. Dans un faux automne où l'on ne veut pas regarder les feuilles mortes qui jonchent un sol sec. Il faut se dire que l'on est chanceux, pour le moment. C'est le plus important.

    Je pense à Platon dans sa caverne, aux illusions que l'on reçoit de l'extérieur de nos grottes aux isolations bancales. Il paraît qu'il y aura un monde à reconstruire mais que les choses seront comme avant. C'est le printemps maudit, la saison funèbre et je ne veux pas de fausses promesses. Il n'y a pas de vaccin pour faire revenir la confiance.

     

     

    Dead Season.

    https://youtu.be/_g_mm6AkSsM

  • Jour 29

    Unsuccessfully Coping With the Natural Beauty of Infidelity.

    Ou l'art de ne pas vouloir comprendre les règles du jeu.

    Tu n'as pas de certitudes, aucun plan, tu n'en veux pas. Au jour le jour, c'est le leitmotiv de l'adolescence qui s'éternisera, tu ne le sais pas encore. Tu esquives les gouttes, les coups, parfois tu rampes comme un miséreux. Et l'on te parle d'amour ? Non, c'est pour les autres. Ça te parait injuste. Tu penses à t'enfuir, à survivre. Un vrai sac d'os, qui pourrait vouloir de toi ? 

    On ne fait pas semblant quand on entre dans le club des losers.

    *

    J'ai découvert Type O Negative lors d'un live sur le plateau de Nulle Part Ailleurs en 1995 (une autre époque...). C'était un peu comme si l'automne avait pris la forme d'un groupe et chantait les louanges d'Halloween. C'est un cri libérateur, un larsen lourd comme de la tourbe, un riff tranchant, une voix d'outre-tombe, quelques notes de clavier. C'est un tout qui vient me hanter, me posséder. Je ne me sens plus seul, cette part d'ombre qui me ronge, je sais qu'elle n'est pas que destructrice. J'étais forcément conquis. Au lycée je récupérais une K7 avec l'album "October Rust" copié dessus, ça a été une révélation. C'est devenu plus que la bande originale d'une saison ou d'une vie. Il y a tant de souvenirs liés à cette œuvre, et tant d'autres avec le reste de la discographie.

    *

    J'ai déjà parlé de Peter Steele ici ainsi que de son influence. Il y a 10 ans il quittait un monde qu'il jugerait certainement aujourd'hui avec encore plus de cynisme (et d'humour macabre). Je me devais d'écrire ces quelques lignes. Je ne lui voue pas un culte, non, mais parfois mon pansement se décolle et je vois qu'en dessous ça n'a jamais vraiment cicatrisé. Il y a toujours ce dernier jour d'octobre en moi. Penché sur mon épaule il m'expliquait comment je devais rouler une pelle à cet ange diabolique, à cette fille. Comment aimer aussi. Je l'ai mal fait, je le reconnais. Ça a été dur d'accepter quand tout a foiré, je me suis plongé dans ses paroles en me disant que j'avais mal compris, mais non, tout était écrit. Depuis, quand le chaos explose et possède mes neurones, c'est un rire sombre qui plisse ma bouche. Les douleurs ne seront jamais les mêmes mais je sais que parfois elles sont belles. Il faut caresser ses cicatrices, ne pas les maudire. C'est la même chanson qui revient, mais il n'y a plus rien qui m'interdit de l'écouter ce soir. Le verre de rouge attendra que je le renverse. Avant, je trinquerai à la bête, celle qui t'a fait fuir, celle qui un jour m'emportera. Et si je rêve de toi cette nuit alors souris moi, c'est le seul endroit où l'on peut se revoir, se pardonner.

     

     

    Love You To Death.

    https://youtu.be/xD5No_JRrZw