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Journal intime d'un traître

  • Høme

    The Ghost

    https://youtu.be/BNxtlj-lPBk

     

    Je ne sais plus où je suis, où je dois aller, comme si le piège se refermait sur moi.

    Il fallait que je bouge pour oublier, pour retrouver un peu de dignité. Quand j'étais encore tremblant, plongé dans une impudeur fatale, à me dévoiler devant ces inconnus, à étaler mes peurs et à m'accrocher à mes terreurs, mes angoisses, est-ce que j'imaginais que demain existait ? Tu sais bien que non.

    On y est. J'ai pensé à mille façons de partir. Je me sens un peu lâche d'être resté. Est-ce que quelqu'un m'a compris ? Tu sais bien que non.

    Il n'y a pas d'anniversaires pour les trucs nazes, pourtant, les souvenirs sont comme la lave qui creusent une terre aride. Je sais que ce sont des émotions nécrosées, des roses mortes qu'il faut que je coupe, mais je tiens à cette vision macabre.

    L'enfer ça te change, ça te transforme, ça te mâche et ça te recrache comme un vulgaire chewing-gum qui aurait perdu son goût.

    C'est ce que je suis devenu. Une sorte de boule molle, vide à l'intérieur, recouverte de marques à l'extérieur. On ne veut pas être vu quand on se transforme en être informe, alors on disparait. On se fait haïr, détester pour d'obscures raisons. Je n'ai jamais cherché le rationnel dans la volonté qui a été déployée de me foutre la tête sous l'eau. J'étais déjà bien trop loin, à forger une rage qui ne me quittera pas.

    Les fleurs poussent sur le fumier. Les pensées comme les chrysanthèmes.

    After Dark

    https://youtu.be/9v9OtinHt68

     

    Je cherche encore ma place. La bave aux bords des lèvres. Je ne traque pas les émotions, j'ai compris que plus rien ne serait comme avant. J'ai faim mais pas comme eux.

    Quand le tunnel de ténèbres s'est ouvert pour m'envelopper il n'y a pas eu de main tendue. La fatalité des apparences, de la frivolité des relations, m'a explosé à la face. Au plus profond du néant il n'y a plus que toi. C'est un aveux d'échec ultime. Depuis, je gère ma folie comme je peux.

    L'univers en mode 2.0 ne m'intéresse pas, rien ne changera. On continuera à brûler des sorcières. Je n'ai pas peur, je vous attends.

    ***

    Tu t'attendais à quoi en m'abandonnant pour la quarantième fois ? Comme si je n'avais pas compris que l'on irait nulle part, toi et moi. Il fallait que tu me traites comme un vieux clébard, que tu me montres qui avait la laisse. J'étais déjà ailleurs.

    C'était Halloween, je ne voulais que le vent, les feuilles mortes, du orange, du noir, la paix. Démonté, désassemblé, déstructuré, je m'évanouissais. Je partais. Vieillir est un concept surfait, maintenant que le miroir me dit que j'ai du bide et que je suis presque chauve, j'ai cette sensation merdique qui dégomme le peu de neurones que j'ai encore. Je n'aurais pas dû arriver jusque là. J'ai raté ma sortie.

    La même rengaine. Ne me dis pas que tu m'apprécies. On apprécie un plat de pâtes, de foutre du chocolat sur une gaufre mais non, avec ce qui a un semblant de cœur on prend un peu de hauteur. On apprécie pas un bâtard comme moi.

    Quelle importance. Tu peux baiser qui tu veux : un mec, une meuf, le sol, la mort. Et l'amour ? On appartient à personne. C'est animal, orgasmique, ça te ronge les tripes, tant pis si ça passe, tant pis si ça lasse, tant pis si ça casse. Tu l'auras vécu ce putain de moment. Alors non, ne t'attache pas à ta fierté. On perd tous. On perd tout. Seul l'univers nous appelle. Du solide au liquide, de l'horizontal au vertical, on tombe. Pourquoi réduire ce qui est cosmique à l'humain ? C'est tellement insultant. Réducteur.

    J'ai tourné en rond, capturé dans mon triangle des Bermudes. Les angles sont contraires, impossibles, les situations se répètent. On fera semblant.

    Je n'ai jamais autant rigolé qu'en cette fin de décennie. Plus rien n'a de sens. Plus rien et pourtant j'ai encore faim.

    La preuve ?

    Don't Fear the Reaper

    https://youtu.be/PHnli6L9-mA

     

  • Haunt

    Haunt

    https://youtu.be/jbUVVxoCkBE

     

    Je regarde « Halloween 4 » pour la énième fois, chaque année je bloque mon rituel, mon programme, sur une liste de films à voir, de chansons à écouter, d’actes à perpétuer. Au bout de quelques minutes je stoppe la lecture, je dis au-revoir à Michael Myers. Je ne suis pas venu ici, je n’ai pas posé ma lanterne dans la nuit, je dois le faire. Après je ne sais pas si j’aurai le temps, ce n’est pas qu’il est précieux ou qu’il me manque, mais je dois respecter la tradition. La nuit, une bande son qui accompagne le claquement des touches de mon clavier. L’alcool en moins, je ne vous ferai pas l’honneur d’écrire en étant ailleurs. Je suis là. Et toi ?

    Ça crame les yeux de se souvenir alors je ne le ferai pas longtemps. Je n’écrirai par 40000 lignes pour raconter 40000 fois la même histoire. Vous êtes prêts à réveiller et guider les morts pour qu’ils finissent par vous hanter en un souvenir brûlant. J’espère pouvoir le faire depuis Paris, puis trouver folie et décadence afin d’oublier. J’ai trop d’attentes…

    Si je reste ici je sais que ça terminera forcément mal, que ça partira en vrille. J’aime ce jeu de détruire ce que l’on a passé des années à reconstruire. C’est débile, puérile. Je suis seul pour trouver l’enfer, c’est ce que je veux. Tu veux entrer dans ma foire des ténèbres ?

    Carnival of Rust

    https://youtu.be/MKk1u5RMTn4

     

    On va commencer par l’endroit le plus important : le train fantôme, la maison hantée. On revient sur le thème de cette note. Tu auras ces images, cette personne allongée dans le même lit que toi, habillée mais qui ne veut plus te toucher. Tu ne sauras plus si l’amour a existé. Je t’assure que ça va te déchirer l’âme. Ça se termine, tu sais que ça pue la fin, tu vois les dernières minutes en dessous de l’écran. Elle va se casser. Courage. Tu vas te transformer, demain tu ne seras plus un chien. Sors de là.

    Le palais du rire en face, la solitude, tu chialeras, tu t’arracheras la peau, tu voudras crever pour revenir. Ça ne marche pas comme ça. Qu’est-ce que j’en sais ? Rien. Mais toute cette connerie est une mauvaise blague. Quitte à être pathétique, à peupler l’invisible, à se voir déformer dans ces miroirs débiles, autant se marrer. Non ? Viens avec moi.

    Je sais, les montagnes russes, c’est prévisible. Je t’épargne un discours foireux, grimpe. Tu comprends déjà les hauts et les bas. On est tous des esclaves, moi aussi je triche pour dormir, pour me réveiller. Je cherche ce qui me pousse à me lever, à me coucher. Je me mens. Je veux disparaître, j’ai presque réussi. Il y a toutes ces choses qui se percutent en moi, j’en viens à douter si elles ont existé. Les photos me disent que je les ai vécues mais comment y croire alors qu’il n’y a que le vide qui me possède. Toi aussi ? Ils veulent planter une graine d’amnésie.

    Il n’y a plus d’attractions, plus d’attirances, plus d’envies. Il va falloir creuser dans la citrouille, lui foutre une bougie à la place du cœur et laisser le feu te donner une raison de commencer un nouveau cycle. Tes fantômes sont là, à te sourire, à souffler pour éteindre la flamme. Dans le noir elles t’aimeront, ils te feront croire, comme avant, comme hier. Mais demain il n’y aura plus que le vent froid qui sort des lèvres mortes.

    I don’t need love. I don’t feel anything. Dis-leur ! Cette date ne lui appartient pas. Protège la lumière ! Survis !

    Tu vois, je suis encore là. Pas tout à fait mort. Regarde-moi, tu te souviens ? C’est bien, c’est mal. C’est le jeu de la vie. On brûle.

    Burn

    https://youtu.be/AvHfq1U-nv0



    Je te souhaite un joyeux Halloween.

  • FauX

    I Run

    https://youtu.be/NxYO1gws7kU

     

    C'est une longue journée, mon seul tort c'est de ne pas y avoir trouvé ma place.

    Il faut s'en donner les moyens, j'ai toujours été un branleur. Ce ne sont pas les leçons que je reçois qui m'aident. J'ai bien compris qu'il faut offrir un supplément, la médiocrité n'est pas tolérée. Je ne suis qu'un brouillon, je vis à mon image. Chaque trait que je tire, chaque ligne que je trace, chaque mot que j'écris. Je dois tout défaire, tout refaire. Rien n'est clair, rien n'éclaire. C'était trop facile. Peut-être pour vous.

    *
    Pourquoi je continue ?

    *

    Obstination ? Courage ? Folie ? Raison ?

    Quelle importance ? Je suis né dans le brouillard, vos infinis talents ne seront pas perturbés par mes modestes turbulences.

    Pourquoi avoir peur ?

    Il n'y a pas d'impôts sur la rage. Je n'excite plus.

    *

    Je m'en veux, un peu, beaucoup, à la ...

    Il fallait bien vider cette boîte. Il ne s'agit pas de changer, non, pas moi. Les verres se sont enchaînées, je me suis déchaîné. On ne balaie pas le passé mais on brûle ce qui a été sacré. La flamme qui consume les miettes, les cendres. Un rite pas si lointain que je réveille dans la nuit. On ne sauve pas son karma en baisant des mouches. Je vous laisse ce monde, je n'en veux plus. Je garde ma décadence. 

    J'enfonce mes doigts au fond de ma gorge. Je n'y arrive pas, je perds pied, je me noie dans cette bile qui ne veut pas sortir. Je touche l'espace, la tapisserie de mes chiottes est une nébuleuse qui m'appelle. J'irai au bout du déphasage, je réussirai.

    C'est peut-être la fois de trop, il paraît qu'il y en a une. Il y a ce début d'angoisse, je me dis que je peux partir, ce n'est pas grave. On est égoïste dans l'ivresse.

    J'ai abandonné un souvenir dans mon petit coffre de la misère. C'est mal roulé, c'est laid, mais vous savez que je suis tellement imparfait. On laisse des traces de ce que l'on a été pas de ce que l'on a failli être.

    Dans l'addition de mes erreurs, je préfère semer le plus petit chiffre dans le champ du visible. J'ai assez déçu.

    *

    Il est si difficile que cela de regarder en soi-même pour voyager ?

    Tu rêves de voler ? Je rêve de courir. Je ne peux pas, je ne peux plus.

    Tu vois, tu ne me connais pas.

    Qu'est-ce qu'il restera demain de ma solitude ?

    *

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