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  • Jour 13

    La solitude de la petite poupée russe.

    Au fond de mon jardin, derrière le grillage du voisin, il y a cette lumière. Nous ne sommes plus censés exister dehors. Elle s’éteint, sans livrer son message. Narquoise, paranormale, elle est la seule à défier l'air. Son propriétaire avait le cœur fragile le la bouteille facile. Plus personne n'ira l'aider, le contact est rompu dans cette inhumanité.

    À côté, les enfants ne jouent plus à l'extérieur, il est devenu dangereux de s'éterniser à l'air libre. Deux quintes de toux et l'orchestre s'en va. C'est la leçon des semaines passées, les obsèques ignobles de la confiance et la naissance de la peur.

    Nous ne sommes pas des soldats, nous sommes des lépreux, des pestiférés. Nous survivons, telle la dernière poupée russe, celle qui ne voit que les ténèbres et qui ne renferme que le mal. Notre mal. Ses sœurs gisent au sol, cassées par les mains d'un enfant malhabile, débile. Il ne faut pas regarder à l'intérieur de notre carcasse de bois, non, c'est là que dorment les démons.




    War

    https://youtu.be/EBRYSlKDlws

     

  • Jour 12

    Le jeu cruel de la fatalité.

    Tant de joie dans ces notes, et cet énième "journal d'un confiné". Pourquoi ne pas rester à se laver le cerveau, ça permettrait de rester comme avant, et puis ce n'est qu'une parenthèse. C'est vrai, bande de cons, c'est presque fini. Tu as déjà vécu dans le presque ? Ça n'a pas de temporalité. Et puis il n'y a que les vieux et les fragiles qui crèvent. Les vacances doivent être belles pour certain.e.s. La faucheuse est gourmande, ne regardez pas devant, vous risqueriez de comprendre.

    À quelques kilomètres d'ici les sirènes pleurent, elles n'en peuvent plus de guider les âmes vers leur funeste destin. Mes nuits ne sont plus silencieuses, j'entends ces avions qui passent, ces oiseaux de nuits se moquent de moi. Chaque jour l'écorce du mensonge tombe un peu plus. Tout est corrompu, l'air, la terre, le ciel. Il y a deux semaines nous riions encore de nous imaginer vivre à distance sans penser au jeu cruel de la fatalité.


     

    The world is on fire

    https://youtu.be/V7WeqJDTCUI

     

  • Jour 11

    Là où les vents se perdent. Où quand l'inconnu s'invite à quelques mètres de toi.

    Je me dis que j'aurais pu, que j'aurais dû oser, plus. Mais c'est le moins qui m'aspire et m'inspire. Cette masse noir attachée à ma carcasse je l'ai maudit tu sais, et je l'ai aimé. Les jours passent et j'apprends. Il n'y a pas le vacarme des bombes ni le sifflement des balles, il est plus facile de mourir maintenant.  La liberté s'éloigne un peu plus, dehors c'est un autre monde. Une bulle dans la bulle, voilà où je suis. J'attends le "blop", que cette deuxième peau se déchire pour renaitre.

     

     

    Isolate

    https://youtu.be/1SbjK0EPSsM