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  • Jour 10

    À nos habitudes nocives.

    Je garde le livre ouvert, je ne viens pas par envie. D'ailleurs, il n'y a pas grand monde qui doit passer par ici.
    Ce blog ressemble aux rues du monde, désertes. Je suis confiné depuis des années, je peux le dire ? L'écrire ? Arrêtons de mentir, quand on tient un journal, un carnet, qu'il soit pudique ou impudique, c'est pour partager. Sinon on regarde le miroir et on se parle, on se dit comme l'on se déteste. Hier, j'ai publié ma 300éme note. Je ne connaîtrai pas la paix mais j'ai la sagesse d'éviter de placer le mot jamais dans cette phrase. Je ne peux pas vivre que de métaphores. Mais ça fait trop longtemps que j'affiche cet air déplaisant. Les choses ne changeront pas après, c'est trop loin, c'est trop près. Deux cuillerées de solitude par jour, on fait tout pour oublier qu'il faut rêver la nuit.

    J'ai pris cette sale habitude, celle de douter, de toi, de tous, de tout.

    Je déteste perdre, je ne sais pas gagner.

    Je ne sais que disparaître.



    Forever Failure

    https://youtu.be/gVgIW_pBcdI

  • Jour 9

    Restez chez vous.

    Mon téléphone sonne, j'ai encore la gueule dans le cul, il est presque midi. Je me suis accordé du repos dans le repos. Je sais que c'est idiot. Une voix que je ne connais pas à l'autre bout du fil, il se trompe de nom puis se rattrape. Je m'en cogne, il a un je ne sais quoi de jovial dans sa voix, ce n'est certainement pas le genre de personne à écouter Joy Division à 3 heures du mat'. Il cherche quelqu'un pour venir filmer l'allocution d'un responsable local. Je ne sais pas quoi dire. Sa tonalité change tellement de la gravité de la situation. Comme si l'on me chantait "don't worry be happy" en même temps que l'on me sautait sur les burnes.

    Je n'ai pas le droit de ramener ma gueule en ces temps où les gens sortent pour travailler, pour s'assurer que les fondations tiennent et que l'on puisse continuer à vivre dans notre petit confort méprisant. Mais quelles sont les priorités ?

    Je ne cultive pas la peur ni la paranoïa, mais putain, ça va faire deux semaines que je me suis coupé du monde pour ne pas contaminer mes proches. Alors, tout ce que l'on nous raconte c'est de la merde ? Il n'y aura pas de dépistage systématique du virus à la sortie de cette "fin du monde"? C'est ce qui est au programme pourtant. Soit tu es immunisé, soit...

    Quelle blague mes amis, quelle blague mortelle.


    I Am The Virus

    https://youtu.be/A4wdbibV3IM

     

  • Jour 8

    Plus toxique qu'un tour de montagnes russes.

    Errances statiques et psychoses à gogo. 

    Voilà, c'est l'ouverture de la fête foraine. On est condamnés à rester à regarder des attractions immobiles.

    Je ne supporte pas d'être enfermé, je sais que ça a peu d'importance, qu'il y a pire et qu'il y a mieux, qu'il ne faut pas se plaindre. J'ai un jardin, je peux en faire le tour mais il parait que même dehors ça craint.

    Les chiens finiront par se bouffer entre eux, tu sens la tension qui monte dans ces roulottes posées sur des cales ? La lassitude serpente et lézarde les murs de nos raisons. Trop de dangers je vous dis ma brave dame.

    Je viens de passer la journée à écrire, je fais un peu de rab ici mais je me sens comme un unijambiste à un concours de coups de pied au cul (citation tirée du film "Le Blob"). Je raccroche les gants. Sans élégance.

     

    Venomous

    https://youtu.be/UgB18IninUk