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  • Jour 27

    A certain shade of black.

    Ça ne sert plus à grand chose de paniquer, de brasser du vent, on sait que devant nous il y a cette teinte sombre. L'horizon de ténèbres. On passera peut-être à travers, en fermant les yeux. Oui, dans le noir, si tu crées ton obscurité rien qu'à toi il paraît que tu peux te sauver.

    À poil, sous la pluie, un paratonnerre entre les paluches, tu observes la danse de l'orage. Le ciel qui se charge et se décharge, le sol qui gronde? Ton regard se plisse. Est-ce que tu vas passer entre les éclairs ?

    Il ne faut pas courir, se croire à l'abri sous le plus grand des arbres. Fais toi petit, épouse la terre. C'est une histoire de chance, ça ne se résume parfois qu'à ça. Si tu entends le bruit des pas qui claquent sur la boue alors laisse les disparaître, sans peine. La liberté ne s'offre pas aux plus gourmands, aux insouciants. On est né pour être foudroyé. Les souvenirs électriques transpercent l'existence soporifique, c'est acquis, mais tu ne veux pas de cette flèche rugissante, crois moi. Ça serait l'overdose. Elle est à contre courant des sublimes plaisirs.

    Tu as ce bout de métal entre les mains, scotché, tu t'imagines condamné. Le nuage de charbon passe au-dessus de ta tête, tu te sens égoïste, pourquoi ta vie et pas celle des autres ? Pourquoi ta vie n'est pas celle des autres ? Non, ne pense pas à ça. Ce n'est pas la porte de sortie. Évade-toi tel un saint maudit, lorsque ton esprit devient nuit. Il n'y a plus les autres, le temps, le destin qui te pousse en avant. Rien, fais le vide. Voilà, tu es la flamme d'onyx qui crée des mondes, imperméable à l'appel du feu. Brûle sans chaleur et renais demain, au loin.

     

     

    Into the Black.
    https://youtu.be/rSycSBYHitc

  • Jour 26

    Confidences d'un ectoplasme.

    Ou l'art de se contenter de son toit, ou de son toi. C'est selon.

     

    Des mois que la bise tabasse ma carcasse,

    des moi que je traverse les averses.

    Sous ce toit, je me fige par la tige,

    sous ce toi, ma prestance est décadence.

     

    Ondulation post-mortem que je sème,

    stagnation morbide qui se vide.

    Ancien homme extrait de sa somme,

    vilain résidu d'être qui ne peut se repaitre.

     

    Quand ma foudre frappe et attrape,

    c'est de la poudre qu'elle tient entre ses mains.

    Pendu sans corde je m'accorde,

    Rendu sans armes ni âme.

     

    L'espoir nourrit autant que le vent,

    dérisoire est la sentence d'existence.

    Silencieux sous le drap du trépas,

    Il est ce périlleux vertige au-dessus de mon vestige.

     

    De la fin à la faim, ou de la faim à la fin. C'est selon.

     

     

     

    If You Have Ghosts.

    https://youtu.be/4kNetd_lISI

  • Jour 25

    Vie factice et vitamine C.

    Je me lève de plus en plus tard, comme si je n'avais pas digéré le changement d'heure, je conçois que cette piètre excuse n'est pas recevable. De l'autre côté du mur ça fait plusieurs jours que j'ai une voisine qui improvise des séances de bronzage. J'ouvre mes volets et j'évite de tourner la tête, l’œil gauche attrape l'image et le droit lui dit d'aller se faire foutre. C'est assez conflictuel comme situation. Je tâtonne à l'aveugle pour accrocher les battants de bois. Je me promets de ne pas la regarder, ce n'est pas que sa vision est insupportable, au contraire, non, elle est à moitié à poil et la plage est à 700 kilomètres. Je me doute bien que je suis le problème, avec ma gueule de putois mutant, penché à ma fenêtre. Je fais tout pour ne pas la voir, elle est libre, la pauvre. C'est peut-être moi qui ne m'imagine pas correctement le sable et les vacances.

    Il y a de quoi faire un peu de sport dehors, un vélo, un truc étrange pour marcher. Ces machines sont rouillées, comme moi. Je me décide à me lancer, chaque mouvement produit une sonorité horrible. Mais ça fait du bien, je veux choisir ma chaleur. J'accélère, puis je pense à cette femme entrain de colorer sa peau. Elle est plantée là, dans ma tête. Putain, je ne suis pas au stade du taulard en manque de chair, merde, je suis bien plus pathétique. Je stoppe la cacophonie des engins. J'ai mal aux guiboles. Je prends un verre de jus d'orange, je vole une chaise longue, je pose mes lunettes de soleil. Je veux entendre les vagues, les mouettes, les bruits des gens qui nagent, ne plus me sentir comme un animal en cage. C'est mal barré.


     


    Inferno Galore

    https://youtu.be/InnwzzJa8ek